jeudi 16 juin 2011

Nos lunettes

A partir de la cinquantaine ou même plus jeune on porte des lunettes pour corriger la vision, en éliminant ou réduisant les anomalies.

Pour les enfants, c’est certainement encore plus désagréable que pour les grands. Mais on voit bien, que tout jeune, on doit se plier aux exigences de la nature.
C’est ainsi, que plus âgé, la presbytie est le lot d’une grande partie de la population.
Les signes avant-coureurs se manifestent de jour en jour plus importants. On voit trouble, on se frotte les yeux, mettant en cause quelque corps étranger. Pour lire, la tête se penche légèrement en arrière, les bras s’allongent pour déchiffrer les lettres. Mais, que diable ils écrivent les journaux plus petits qu’avant. Ce n’est pas possible, ces nouveaux procédés !!!

Puis, on finit par penser que quelque chose ne va plus. On prend rendez-vous chez l’ophtalmo pour parler de ces nouvelles difficultés. Aujourd’hui c’est naturel, on ne pourrait consulter quelque autre praticien.
Nos arrières grands-parents ne connaissaient point ce genre de médecin. Ils allaient avec la plus grande confiance se faire appareiller chez le bijoutier Delaunay à Ruffec. Ce n’est qu’après maints et maints essayages de verre que l’on pensait mieux voir.

Les monocles arrivèrent en premier pour satisfaire les usagers. Ils se positionnaient sous l’arcade sourcilière. Certains élégants les portaient à la main car ils étaient munis d’une poignée fantaisie quelque fois savamment décorée ; signe extérieur de richesse. Ce vulgaire objet devenait une marque de distinction dans le visage. Porté d’une main gantée, coiffé d’un gibus, habillé élégamment, l’homme paraissait un vrai « dandy ».
Les binocles détrônèrent cette soi-disant fantaisie. Elles se fixaient sur le nez par une sorte de pince – on écartait les deux verres pour les ajuster.

La forme actuelle vit le jour lorsque l’on fixa les lunettes avec deux branches passant derrière les oreilles. Les grosses lunettes d’écaille brune perdirent peu à peu ce cercle foncé pour devenir  plus légères, ultra légères, au goût du jour.
Les grands couturiers prennent  l’affaire en mains et font surgir leurs collections. Les accros de la mode sont satisfaits de ces panoplies de fantaisie.

A ce propos, la télévision, nous montre un genre particulier que l’on croirait d’un autre âge tant l’originalité est frappante. L’homme arbore des montures rondes, bleues, vertes, jaunes qui se succèdent sur son visage dessiné au compas.
Quelques renseignements s’il vous plaît, Monsieur :

-          Sont-ce des montures sans verres ?

-          Est-ce une forme de publicité ?

-          Votre opticien et la sécurité sociale vous honorent-ils de certains avantages ?
Heureusement, le commun des mortels ne peut se permettre d’assortir les lunettes à leur tenue vestimentaire. Trop chères, Monsieur !!!

Si vous faites partie, d’une gente porteuse d’originalité, alors là on peut se permettre de vous conter :
Azor, est un trésor
Pourquoi ce petit mignon
Ne porte-t-il pas de lorgnon ?
Quand je vois porter des lunettes
A des gens qui n’en n’ont pas besoin
Je me dis : il faut que j’en achète
Pour en faire porter à mon chien.

Ainsi, si un jour, vous vous rencontriez
Vous ne seriez pas le seul à paraître - RIDICULE

L’ivresse et les animaux

Combien d’entre-nous ont lu avec plaisir et intérêt les fables de La Fontaine ?

La mise en jeu des animaux nous apprenait, d’une façon ludique, la morale qui s’applique fort justement aux hommes.

Mais, au dire de certains auteurs, toute cette gente animale, ne serait point susceptible de propager la peste, mais de s’adonner à l’ivresse.

Oui, oui, dans les régions et les villages sans prétention, ils ont mauvaise réputation.

Ainsi, le « Rince cochon » désignait un blanc-cassis proposé au XIXème siècle par des vignerons peu scrupuleux, pour écouler un mauvais vin. D’autres écoulaient du vin très aigre, en le qualifiant poétiquement de « vin à faire danser les chèvres ».

Que faut-il penser quand on dit : « être saoul comme une bourrique » ? Cette éternelle victime a bon dos de se supporter ce lourd fardeau qui n’est qu’une barrique.

Maître Renard fier et futé nous dit alors qu’il est attiré par une belle treille - « Ils sont trop verts et bons pour des goujats » - frustré de ne pouvoir les atteindre. Leur délicieux nectar ne risque pas de satisfaire sa gourmandise.

Dans un billet doux, un amant déclare sa flamme « Voici, un homme qui vous aime : Ver de terre amoureux d’une étoile ». Ce petit animal ainsi porteur d’un beau titre se trouve pourchassé par ceux qui boivent la goutte dès potron-minet, pour tuer le ver.

De la grive, on dit : « Etre saoul comme une grive » parce que cet innocent passereau se gorge des raisins laissés par mégarde.

Puis, un auteur, nous fait une description bien détaillée des dégâts causés par l’ivresse chez la pie. Cette dame, portant habit noir et blanc voisine des maisons, alla, un jour noyer son chagrin amoureux en plongeant le bec dans un verre égaré plein de vin. Elle but plusieurs lampées, ce qui devait arriver, ne tarda pas. Elle se mit à baver, l’œil torve, les plumes ébouriffées. La pie saoule s’effondra.

De l’étourneau, surveillant attentif des vignes, on ne peut passer sous silence, sa soif exagérée et ravageuse des raisins. Le raisin et le vin n’ont-ils pas le même effet pour le cerveau de ce soi-disant étourdi !!!

Passereaux de nos campagnes, soyez sûrs que vous n’êtes pas les seuls à aimer le vin !!!

mardi 14 juin 2011

Courcôme - « Le Petit Village de la Croix Geoffroy » il y a soixante dix ans.

Pourquoi ce nom à rallonge ? Plusieurs fois déjà, on a posé cette question. La proximité du village de La Croix Geoffroy semble l’expliquer et ce nom est explicitement utilisé dans des actes notariés datant de 1673.

De là, comme disait Goulebenéze « Au vent des souvenirs, ce soir, j’ai fait un rêve et j’ai vu refleurir sortant d’un vieux coffret en une heure charmante, autant qu’elle fut brève, le rappel d’un passé que mon village m’offrait »

Oui, j’ai revu ce chemin très étroit qui partait de la grande route pour pénétrer dans ce petit coin. Il était si resserré que les charrettes de foin étaient bien peignées, lissées par les pruniers d’un jardin, d’une part, et le mur de l’autre. L’attelage devait tirer très fort pour se sortir de cet étranglement. Devenant pénible, une situation nouvelle vit le jour. Sous l’instigation du Maire M. Gaston Goumain et l’accord des propriétaires riverains, l’élargissement de cet accès unique se réalisa. Nous avons alors cédé une bande de notre jardin et Denis Moreau laissa démolir un petit bâtiment très exigu.

Dans la foulée de ces transformations, cette voie communale fut goudronnée. Plus de chemin blanc, ni de cailloux, on passait librement.

Empruntant cette voie étroite, on arrivait chez les Segeard Anatole et Léocadie. Petits cultivateurs, ils vivaient sur leur propriété avec quelques bêtes. L’allée, qui s’ouvrait devant nous, faîte de buis bien taillés était fermée par un ancien portail à la ferronnerie bien tournée. Puis au pied de la porte de la maison, poussait un grenadier, arbre curieux et peu commun dans la région. Il portait de gros fruits rouges qui faisaient plaisir à contempler avec étonnement. Anatole avait pour travailler un grand mulet blanc imposant par sa taille. Un jour qu’il était attelé à un râteau, plus leste que son maître, il parti à toute allure, lui faussant compagnie. Il passa entre les coins de mur sans accrocher et s’arrêta à la barrière. Anatole de s’écrier : « Arrête, fais-tu partie de l’aviation, le mulet ? ». Le ton et la chanson en firent une anecdote inoubliable. Impuissance de l’homme en face de l’animal vainqueur.

Aujourd’hui à cet emplacement ce sont M et Mme Texandier qui vous accueilleraient.

Sortant de cette ferme, un peu en retrait nous arrivions chez « la Suzanne » (Ce la n’est pas péjoratif, seulement une coutume)  Flaud de son nom, cette grande femme assez alerte menait au champ son petit troupeau de chèvres et de moutons. Elle « binochait » son jardin et ne faisait qu’une piètre récolte. Passée entre plusieurs mains, la maison, subit des transformations qu’améliorèrent  encore M et Mme Piveteau.

Juste à côté de cette petite et pauvre demeure, j’ai vu vivre, Georges et Marie Flaud, les parents d’Alban. J’ai connu le père, de santé précaire et je revois « la Marie » avec son tablier en sac de jute et son parler étrange. Intrigante cette petite bonne femme car malgré tous ses efforts parlait le patois des abords du Limousin. Eux aussi cultivaient une petite « benasse » et possédaient un mince troupeau de moutons et de chèvres. Marie faisait donc, comme toute femme de maison, du fromage. Elle les faisait sécher dans un petit bâtiment attenant à la maison sur des étagères à sa hauteur, c’est-à-dire assez basses. Un beau jour, elle s’aperçut que ses fromages disparaissaient. Quel pouvait être l’auteur de ce larcin ? Un matin nous nous sommes aperçu que c’était notre petit chien « Bobi » qui filait rapide comme l’éclair vers la route. Le suivant du regard nous l’avons vu se faufiler derrière les grands buis. Il revint sans encombre, fier de sa prouesse. Alors là, nous sommes allés découvrir, le butin de ce caprice canin ! Des fromages entiers et bien alignés. Nous nous sommes empressés de dire à la marie de boucher la chatière du bas de sa porte. La séance fut immédiatement levée et les chabichous restèrent sur l’étagère. Quelle idée de chien !!!

Les Flaud connaissaient seulement les foires de Ruffec où ils allaient faire certaines emplettes et surtout vendre la laine des moutons. Comme tout le monde à cette époque, ils partaient en carriole avec leur chargement. Le marchand de laine, donnait en échange de cette fameuse « laine de pays » qui n’avait subi aucun traitement ; laine à tricoter, appréciée pour les chaussettes. Mais la plus belle sortie extérieure de l’année, c’était la St Barnabé – un peu endimanchés, je les revois partir en charrette « à l’âne » pour fêter la St Barnabé. Cette grande assemblée où, forains, tirs, manèges, confiseurs, et bien d’autres, attiraient  la curiosité de tous ces gens trépignant dans la poussière. C’était « Au bonheur d’un jour ».

Les maisons étaient, et encore aujourd’hui disposées autour d’une petite place, comme si la route s’était élargie. De là, le tambour municipal annonçait les avis du Maire et rassemblait les femmes en priorité. Elles en profitaient pour faire « canton ». oui, c’est ici qu’elles échangeaient les dernières nouvelles et qu’elles les commentaient à souhaits.

Jetant un coup d’œil sur la gauche, une chaumière, où vivait Phillibert Quittet. Célibataire, il n’avait pas de souci pour satisfaire à ses besoins, ses quelques lopins de terre lui suffisaient. Il avait un âne, qui tout à coup faisait entendre ses hi-hans tonitruants et prolongés. Cette bête trimbalait une toison cotonneuse de longs poils emmêlés dégoulinant le long de ses flancs. Son propriétaire d’âge avancé anticipait l’avenir en disant « Que ferons-nous, quand nous serons vieux ? ». Sa mère, c’était la « tisserante » du village. De son métier, se déroulait la toile de chanvre pour la confection des draps, des torchons et des chemises… mesdames, ce n’était point le coton douillet d’aujourd’hui. Les mauvaises langues font encore vilaine réputation à ceux qui existent encore aujourd’hui.

Phillibert avait pour voisins immédiats le vieux couple, Moreau Céline et Gabriel. Ils profitaient d’une façade ensoleillée qui réchauffait leurs douleurs. Ils étaient très âgés et vivaient péniblement, Gabriel avait le cœur fragile et usé. Céline avait un fils et une fille. Elle nourrissait Denis au sein et ma maman a profité comme lui de l’abondance de ce lait maternel. Denis et Antoinette étaient « frères de lait », mais ces pratiques de soi-disant relation fraternelle ne sont plus du goût du jour. Bref, la réalité était là et la bénéficiaire de ce précieux aliment est devenue quasi centenaire à quelques mois près.

Sortant de ce petit « canton » après avoir salué les propriétaires, M. et Mme Gémon qui ont transformé tout ce petit quartier, nous arrivons chez nous.

C’est aussi un très grand changement. Depuis les arrières grands-parents, Jean et Eulalie, marchands de moutons, la maison s’est agrandie pour abriter plusieurs générations. La cour de ferme, depuis longtemps n’a plus connu ces toits faits de bric et de broc. La ferme devint plus importante, exploitée tour à tour par Cailler, Allement et les occupants actuels Pelletier.

En face de nous, toujours là, depuis plusieurs siècles, les Coiteux Raymond vivaient comme les autres avec quelques bêtes. Loin derrière les autres voisins, ils ne connaissaient pas l’électricité. Ils y étaient opposés car disait la « Marie Coiteux » ça brûlerait les yeux. Avec le « challeuil » ils ne risquaient rien. La « Marie », je m’en souviens !!!Avec les moyens du bord, elle était tout de suite prête à me donner quelques gâteries. Je voisinais et je m’échappais sans souci de voir arriver une voiture. Je revenais de ma visite avec une pomme, une poignée de noisettes que je portais précieusement dans le coin de mon tablier. La « Coiteux » était contente et moi aussi. Gaston Raymond, son fils, occupa la maison encore longtemps, seul. Ce célibataire, curieux se cachait pour voir et écouter ce qui se passait. Mais ce défaut ne le rendait pas médisant ; après tout, pour lui, c’était peut être sa seule distraction !!! Ses ânes ne pouvaient lui parler, alors …

Mon tour de piste n’est pas terminé et je poussais la porte grinçante de ma grand-tante Véronique Lavauzelle. Passant par l’écurie, je lui portais très souvent, un peu du repas que ma grand-mère Alice avait préparé. D’une gentillesse naturelle, d’une grande bonté, de temps en temps, elle cherchait avec ses maigres moyens à me faire plaisir.

Le marchand ambulant de légumes, fruits, sardines passait dans le village. M. Duchazeau distribuait sa marchandise aux ménagères qui en avaient besoin et c’est ici que ma tante Véronqiue achetait pour moi soit une pêche, une pomme ou une banane. Elle était si heureuse de me l’offrir !!! Je la revois souriante et son sourire laissait entrevoir une rangée de dents blanches, alignées à la perfection. Elle n’a point connu le dentiste, cette pauvre femme !!! Pour mémoire, c’était la mère d’Hildevert et d’Albéric Lavauzelle. Elle m’aimait bien et moi aussi je l’aimais beaucoup et j’en parle encore souvent avec émotion. Dans cette petite demeure sont venus vivre Léonide et Marie Picaud. Assez rapidement Marie devint veuve avec ses soucis quotidiens. Elle allait en journée pour laver.

Mais elle aidait aussi à la cuisine de cochon. Denis Moreau avait tué la bête, la veille eu matin, et alors c’était tout un cérémonial. Les tripes et les boudins qu’elle enfilait avec maîtrise la rendait indispensable. Les grillons, la graisse étaient mis au feu et cuisaient longtemps. Après plusieurs heures, je la voyais plonger le doigt dans ce liquide bouillant.

-          Marie, tu vas te brûler !!!

-          Mais non, tu vois, elle est cuite, je ne sens rien.

Drôle de thermomètre qui s’avouait infaillible.

Plus âgée, pour nos enfants elle avait succédé à la tante. Ils revenaient en scandant fortement « Picaud, Picaud, gâteaux, gâteaux !!! » On ne peut oublier cette affabilité qui cachait parfois bien des soucis. Marie, tous, nous t’avons aimé !!!

La femme de Denis Moreau, Odette, a laissé le voisinage dans la tristesse, emportée par un mal sans rémission.

Voici notre village, plus peuplé autrefois qu’aujourd’hui. Un peu éloigné du centre « le Bourg », nous sommes la petite banlieue, le faubourg. Ne nous laissons pas oublier, je ne dirais pas ignorer, car nous faisons partie de cette communauté. Souvent les nouvelles ne viennent pas jusqu’à nous mais il faut reconnaître qu’il en est de même pour les autres panneaux d’affichage. Ils sont tous si pauvres en informations intéressantes et ce quand ils existent encore.

Nous aimons notre « Petite Village de la Croix-Geoffroy ».

Nous avons notre fierté et nous devons tous penser

                Qu’il a été

                               Qu’il est

                Qu’il sera dans les jours à venir.

vendredi 20 mai 2011

Sécheresses et calamités à Courcôme (Charente)

« Avril 2011 – deuxième mois d’avril le plus chaud depuis 1900 – Mois d’avril exceptionnellement chaud, sec et ensoleillé. »  « Sécheresse – Le spectre de 1976 se rapproche »

Quelques titres de la presse écrite récente nous alertent sur les dangers de la sécheresse mais revenons sur le passé et quelques années noires pour la campagne Courcômoise.
Les sécheresses reviennent régulièrement toucher la France ; les plus récentes accompagnées parfois de périodes de canicules sont les suivantes :

1874, 1906, 1911, 1921, 1945, 1947, 1949, 1953, 1957, 1964, 1976, 1988, 1989, 1990, 1991, 1992 et la plus récente en 2003 avec la canicule du mois d’août.

Souvenons- nous de celle de 1976 avec pas ou peu de pluies entre les mois de décembre 1975 et août 1976 et un rendement diminué de moitié pour les récoltes de céréales.
Outre les périodes mentionnées ci-dessus, localement en 1893 et 1895, les archives communales évoquent les problèmes liés à la sécheresse, ainsi ;

-          Le 18 juin 1893 – Le Maire donne connaissance d’un courrier de M le Sous-préfet par lequel un groupe de propriétaire de Charmé tentant à obtenir la suppression de la vaine pâture dans la prairie naturelle dite de la Fosse des Marias de Roussillon. Le Conseil considérant la grande disette des fourrages et la sécheresse toujours croissante et qu’il est indispensable de maintenir cette prairie.

Le Maire propose d’adresser à M. le Sous-préfet une réclamation tendant en raison de la pénurie des récoltes, il soit ordonné un dégrèvement aussi large que possible sur le montant de l’impôt foncier. Le Conseil approuve cette demande, car les dégâts des récoltes causés par la sécheresse sont toujours persistants, énormes et irréparables et vont causer de grande misère dans la population.

-          Le 19 août 1893 – Le Maire donne lecture d’une lettre de Monsieur le Préfet en date du 14 août dernier invitant le Conseil à délibérer sur les moyens les plus efficaces pour venir en aide aux agriculteurs de la commune de Courcôme éprouvée par la sécheresse…

      -          Le 27 septembre 1895 – le Maire prend l’arrêté municipal suivant :

Considérant la persistance de la grande sécheresse qui sévit actuellement sur notre région,

Considérant que les mares et puits communaux sont, sinon desséchés, mais que les eaux en sont très basses,

Considérant que l’abreuvage des animaux à ces sources devient de plus en plus nécessaire par suite que les puits et citernes des habitants sont en grande partie taris et que la consommation d’eau s’accroît chaque jour. Ne pouvant prévoir la fin de cette sécheresse M le Maire estime à son grand regret qu’il est urgent dès lors d’user de certaines mesures dans le but  d’économiser l’eau spécialement pour les lessives des familles et de leurs animaux domestiques.

Arrêtons

-          Article 1 – Il est défendu d’aller laver les lessives au lavoir public jusqu’à ce que l’effet de la pluie soit venu augmenter d’une manière suffisante, les eaux de la fontaine qui alimente ledit lavoir.

-          Article 2 - Il est également défendu aux étrangers de la commune de venir puiser de l’eau et de laver les lessives à ce même lavoir.

-          Article 3 – Le présent arrêté sera communiqué à Messieurs les Maires des communes avoisinantes afin que leurs administrés susceptibles d’aller y satisfaire les lessives n’en n’ignorent pas l’arrêté.

-          Article 4 – Les contrevenants au présent arrêté seront constatés par procès verbaux  et poursuivis conformément aux lois.

-          Article 5 – Le garde champêtre est chargé de surveiller sévèrement et de tenir la main à l’exécution du présent arrêté.
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Parfois ce sont les orages accompagnés de grêle qui détruisent les récoltes comme le 06 juin 1891.

Extrait du conseil municipal en date du 08 juin 1891.
L’orage du 06 juin a complètement détruit les récoltes de toutes natures sur plus des ¾ du territoire de la commune. Un pareil sinistre jetant toute la population dans une profonde misère et demandant des secours.

Le Conseil au vu des grandes pertes causées par l’orage de grêle et la misère qu’il occasionne aux habitants, estime pour ces motifs le dégrèvement des impôts pesant sur la commune et demande plusieurs secours pour les sinistrés et prie l’Autorité Supérieure de faire toute diligence auprès du Gouvernement pour venir en aide car les pertes étaient évaluées à 350 000frs approximatif par le Conseil.
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Et certaines années, il a fallu affronter l’explosion de la population des campagnols et les ravages qui en ont découlé comme en 1904 et 1913.

Conseil du 09 mars 1904 – le Maire expose au Conseil que les rats (dit campagnol) ont complètement rongé les récoltes de toute nature, les propriétaires ont de ce fait éprouvé de lourdes pertes et les plaçant dans des situations gênantes, les rongeurs existant depuis toujours et par conséquence, ils ne pourront se crier aucun secours pour payer leurs redevances à l’Etat.

Le Conseil considérant que la perte de récolte est totale sur l’étendue du territoire de la commune, que la destruction par le virus ne peut être faite maintenant d’une manière avantageuse à cette époque, que les récoltes de printemps seront détruites ; Le Conseil demande à ce que la contribution foncière de la commune soit dispensée au prorata de payer les impôts  pour l’année 1904.

Conseil du 11 mars 1904 – le maire informe du mal causé aux récoltes, aux semis d’hiver et de même qu’aux prairies naturelles par les rongeurs. Le Conseil considérant que le nombre de campagnol est toujours croissant et que ce fléau pourrait par la suite engendrer la famine, s’il n’est pas apporté de remède, la commune a 19850 hectares et demande à l’administration les 1 200 bouteilles de virus pour cette superficie. Cette dépense serait de 5fr par bouteille et s’élèverait, virus et appâts, à la somme d’environ 9040fr. Le Conseil prie l’autorité supérieure de bien vouloir assurer la commune qu’elle sera couverte pour cette dépense.

Conseil du 10 novembre 1913 – Le Maire attire l’attention du Conseil sur les ravages causés aux récoltes par les campagnols. Le Conseil considérant qu’une grande partie du territoire de la commune est envahie par les campagnols et qu’ils dévastent les récoltes de toute nature – invite les propriétaires fermiers d’avoir à procéder à leur destruction au moyen de noix toxiques, à cet effet de se faire inscrire au secrétariat de la Mairie en vue de l’obtention de la subvention et du remboursement de la valeur de la graine constatée.


samedi 14 mai 2011

La brocante à Tusson


A Tusson village voisin de Courcôme, en ce jour du 3 avril c’est le grand branle-bas.
La brocante s’installe très tôt, alors que le soleil un peu paresseux monte lentement à l’horizon. La fraîcheur du matin rappelle aux premiers arrivés que l’été n’est pas encore là.
Les organisateurs, c'est-à-dire « le Club de l’amitié » sont présents pour diriger et placer les exposants. Chacun d’entre eux doit payer son banc et rester là où il est placé. Commencer à se déplacer selon son gré, c’est l’encombrement fatal !!!
Déjà, on voit arriver des acheteurs déterminés à trouver l’objet de leurs désirs avant que d’autres envieux ne leur ravissent.
Y-a-t’il de bonnes affaires à conclure à Tusson ? Sûrement car toute la journée la foule sera nombreuse.
Le déballage s’est installé petit à petit et devant les yeux des visiteurs s’étalent les objets les plus hétéroclites. Pour certains il faut même oser les présenter au public.
A la hauteur de la vue, installés sur une table à tréteaux, on peut voir, fouiller, toucher le vieux linge, les livres et revues anciennes.
Les vieilles montres voisinent avec de modestes colliers de perles ordinaires.
Ce qui semble plus précieux est présenté dans une vitrine : « On ne touche pas ! »
Des jouets d’enfants, en bois, en plastique, semblent supplier les mains innocentes qui se hasardent pour toucher. Les vieux cadres rappellent l’attitude figée dans leurs beaux habits, des générations passées. On recherche dans les cartes postales les vues anciennes disparues depuis longtemps.
Plus loin, sur un autre étal, les vieux cuivres un peu déformés ou intacts attirent l’œil des amateurs. Peut-être sont-ils là pour faire revivre les batteries de cuisine des arrière grands-parents.
Les moines, chauffe-lits ne parlent point à ceux qui connaissent la douceur des maisons chauffées l’hiver.
Parfois, on entend quelques voies criardes vanter tel ou tel article. Les curieux s’approchent, écoutent, regardent et repartent. D’autres demandent : « A quoi çà servait Monsieur s’il vous plaît ? ». Et voici notre vendeur déclamer avec force arguments la destination et l’utilité incontestable de son objet.
Mais comme dans toute autre transaction l’acheteur aime examiner, comparer, faire remarquer les défauts bien dissimulés. Il tourne et retourne l’article entre ses mains, essaie de marchander. Le vendeur est attentif et ne veut en rien céder alors on ne fait pas affaire et on repart.
Les hommes s’intéressent particulièrement aux outils. Trop lourds, certains sont à même la route – parfois en désordre, habillés de rouille, sortis sûrement d’un tas de ferraille. Le regard plongeant des passants découvrent aussi ces « gisants » frottés, huilés qui sensibilisent les curieux. Y aurait-il quelques bricoles surgies d’un autre temps et que l’on ne retrouve plus, par exemple : bouton électrique en porcelaine, loquet de porte au décor floral, abat-jour tulipe, etc…
Quelques personnes recherchent un petit outil perdu ou égaré.
On dit aussi, j’avais le même et le grand-père d’expliquer à son petit-fils, ce à quoi il servait, comment on le tenait pour travailler « leçon du passé » qui éveille bien des souvenirs de fatigue. Vois-tu fiston, c’était du « tout fait main ».
Les rues sont devenues étroites car la foule afflue, mais vaillamment on les arpente à nouveau, jusqu’à retourner à l’objet remarqué.
Peut-être se laissera-t-on tenter ? Il se peut aussi que l’on n’ait pas tout vu la première fois !
Le beau temps réjouit camelots et organisateurs car les prévisions météo n’étaient pas des plus engageantes et chacun avait scruté le ciel, d’un œil inquiet.
Tout s’est bien passé. Les gens se sont rencontrés, depuis longtemps ils ne s’étaient pas vus. Bonne occasion pour s’enquérir des nouvelles de la famille, du voisinage.
Qui oubliera de venir, attiré par l’odeur des grillades, casser la croûte ? En bon charentais, faut bien manger une goulée, boire un coup. Puis un café ne fera point de mal. Les dames du club, charmantes hôtesses ne demandent qu’à vous servir.
De cette journée chacun a-t-il trouvé son compte ? En tous cas. Merci ! et à la prochaine !!!

vendredi 13 mai 2011

Mon œil au printemps !!!

Vous allez penser, il est donc toujours là, cet œil, approuvé ou maudit !!!

Qu’importe, cette année, exceptionnellement, la saison est vraiment très précoce.
Les épines noires ont fleuri de très bonne heure et en suivant la parure blanche des aubépines est apparue. Les arbres fruitiers ont mis les bourgeons et déjà la future récolte s’annonce.

Des bois des Bourbons aux Couradeaux, la masse verte de nos canopées locales rappelle que la nature les a parés avec générosité.
Un peu partout dans nos chaumières, les murets, les cours, les allées se transforment sous la main verte des jardiniers. Les légumes sont semés, plantés. Et les fleurs ne sont pas en reste. Chacun de s’affairer pour que les pensées qui ont succédé aux tulipes puissent garnir les vasques et les jardinières. Géraniums, pétunias, bégonias, exposent au soleil la variété de leurs tons foncés ou clairs.

Ce feu d’artifice de couleurs va réjouir les yeux et mettre de la gaité dans le village. Les rois des balcons retombent gracieusement et forment une corolle autour des jardinières.
Dans les plates bandes et les massifs on s’efforce de disposer avec beaucoup de goût les couleurs.

Les pelouses sont tondues et les haies bien taillées.
A ce propos, visitant les villages voisins, on regarde bien sûr et on remarque ! Que peut-on voir qui nous pose question lorsque l’on retourne chez nous ? Selon le dire, non, plutôt la pensée, nombre d’habitants portent quelques critiques sur le manque d’élégance des palissades qui ornent les entrées du bourg.

Normalement, point besoin de paysagiste, le bon sens suffit. Quelles directives fait-il attendre ? L’élu responsable devrait y mettre œil. Ce n’est qu’une suggestion.
Patrimoine, toi qui es vanté sous toutes les formes par tant et tant de monde, chez nous où es-tu ?

Pas besoin d’un grand inventaire pour en faire le tour. Visiteur, vous ne le trouverez pas mis en valeur. Vous pourrez seulement admirer les décorations florales de la mairie et dire c’est beau. C’est vrai, bien vrai !!! Seul bémol, la dernière cabine téléphonique de Courcôme qui comme à chaque printemps est envahie par le chèvrefeuille et ce juste en face de la mairie.

                                           
Mais, si de bon droit, vous ne pouvez pas oublier ce monument classé par les beaux-arts depuis très longtemps, l’église, vous admirerez le chef-d’œuvre d’architecture, mais de grâce fermez les yeux sur le parvis. Que dit-on, il n’y en a pas !!! Aucune limite avec la route.

Le beau clocher. Va-t-il tenir longtemps encore et retrouver son coq ?


                                 







Pourquoi avoir attendu si longtemps et risqué de voir la note des réparations monter en flèche. Bien d’autres vestiges des siècles passés ont été voués aux gémonies. Est-ce de l’indifférence, de l’argent qui manque ? Qu’on nous le dise !!!

Et parmi toutes les belles fleurs de la commune, regardez et ne pensez pas à mal. Ce ne sont que des constations et quelques suggestions issues d’un regard jeté chez nos voisins !!!

La Javasse.

La salle socioculturelle de Courcôme

Mieux que "Courcôme-infos", "La Charente-Libre" vient de nous annoncer qu’il y aurait parait-il comme une idée dans l’air.

Chose exceptionnelle, serait caché sous cape le nom futur de notre "salle des fêtes".

Si vous ne saviez pas, depuis longtemps cette possible appellation "La Micheline" courait dans la bourgade pour désigner ce lieu. Tout le monde s’est bien rendu compte que depuis sa naissance cet enfant chéri est le bébé des époux Duchiron.

Madame s’active toute maternelle à surveiller de très près les moindres, que dis-je les infimes traces du passage des locataires. Comme dans une famille elle se réserve cette charge bien qu’elle n’y soit nullement déléguée.

Cette structure un peu moderne est là près de l’église romane Notre-Dame de Courcôme et maintenant nos finances contribuent à tous les frais qu’elle entraîne.

Grandiose, tout le monde le pense et utile à moindre frais aurait été bien.
Mais Courcôme est à l’honneur, on en retire de la gloire et de la fierté.

La Javasse

lundi 9 mai 2011

Villefagnan. Après l'éolien.... le solaire arrive

Villefagnan a vu l'arrivée de l'énergie éolienne dans les communes qui l'entourent mais depuis quelques jours c'est l'effervescence dans Villefagnan même.
En effet, comme le montre la photo ci-jointe un immense panneau solaire est en cours d'installation sur le terrain en face de la déchèterie CALITOM.


Je laisse le soin à Monsieur Baudoin, correspondant de la Charente Libre et du journal l'Avenir de Ruffec de nous expliquer dans un prochain article, les caractéristiques de cet édifiant assemblage de panneaux solaires.
                                  
http://www.charentelibre.fr/2011/05/20/villefagnan-plein-soleil-sur-la-zone-artisanale,1036795.php

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                              Installation des panneaux terminée (photo prise le 15 mai 2011)

dimanche 8 mai 2011

Vieillesse, Vieillesse !!!

                                                                 Ce mot nous stresse.

De nombreuses années
                                                                       Déjà écoulées

                                                               Ont fait de nous des sages.

                                                   Aussi on peut déclamer ce vieil adage :

                                                                « Si jeunesse savait –

Si vieillesse pouvait »

Voici qu’à cet âge

Le soleil se cache derrière les nuages.

La santé devient fragile

Plus rien n’est facile !

Cependant, de notre volonté

Naissent d’autres opportunités.

Un peu de temps pour écouter,

Pour admirer et se rappeler.

Entretenir son esprit et ses mains

Pour être présents le lendemain

Si parfois, pénible est le chemin

Sachons, quand même, sourire à nos voisins.
Petit poème de Marie-Josèphe PELLETIER

lundi 28 mars 2011

Poursuivons notre voyage

Poursuivons notre chemin, après l’ancien passage à niveau de la Tachonnerie, à quelques centaines de mètres, nous arrivons dans une petite vallée en forme de cuvette coincée entre la voie ferrée et les bois.

Une pente des deux côtés donne à l’eau de pluie le moyen  de s’écouler et de stagner parfois dans le chemin.
Un large fossé creusé le long de la voie ferrée achemine l’eau en dessous par le « pontille ». C’est un petit pont, caché, d’une maçonnerie superbement montée avec une voûte. Ce pontille ne peut être accessible que vraiment courbé, à 4 pattes. L’eau s’y enfile pour se disperser du côté des « Bois de la Fourchine ».
                                   
Quelques jeunes bergères hasardeuses y ont traversé avec leurs chèvres et étant donné l’épreuve de solidité qu’il subissait depuis longtemps, elles n’avaient rien à craindre. Par contre, y rester coincé n’était pas à exclure !!! Plus de pontille, plus de voie ferrée. Petit, mais très important, il a fait ses preuves.

Mais, ce petit bijou a un émule beaucoup plus important entre La Faye et Courcôme. Nombre de personnes connaissent le « Pont de 4 mètres ».
                              
Imposant par sa hauteur, par son architecture, il soutenait autrefois la ligne de Roumazières – Niort via Ruffec. Malheureusement, depuis la fermeture de cette ligne de chemin de fer, des pelles et des pioches et ensuite des engins modernes sont venus à la chasse des gravats des contreforts à sa droite et à sa gauche.
Cette dégradation a du subir une interdiction formelle car il semble que tout se soit arrêté.

Admirons avec respect le travail du passé car nous pensons qu’ici il a coulé beaucoup de sueur.

mercredi 23 mars 2011

Le chemin de fer à Courcôme

La ligne Orléans-Bordeaux qui traverse la commune de Courcôme a été ouverte en 1846 par la Compagnie du chemin de fer d’Orléans à Bordeaux. Cependant la section Poitiers-Angoulême n’a été ouverte que le 28/07/1853 presque un an après  la fusion de cette compagnie avec la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans.

Affiche Paris-Bordeaux en 8 heures (1897)
                                             
La SNCF a elle été créée le 01 janvier 1938 et l’établissement public RFF (Réseaux Ferrés de France) a lui été créé en février 1997.

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En 1892 la commune de Courcôme émet le vœu auprès du Conseil Général de l’établissement d’un arrêt de trains sur son territoire entre la gare de Ruffec et la station de Moussac.
Séance du Conseil général en date du 25 avril 1892
" Un vœu signé par MM. Auguste Brothier, Arnous, Théophile Brothier, d’Hémery, Laroche-Joubert, Marigné et Martell ainsi conçu :
Les conseillers généraux soussignés ont l’honneur de prier le Conseil général de vouloir bien émettre le vœu qu’il soit établi par la compagnie du chemin de fer d’Orléans une halte pour les trains omnibus à la maisonnette n° 266, desservant ce passage à niveau, dit de Gensac, sur le territoire de la commune de Courcôme, à 500 mètres du chef-lieu de cette commune, et qui se trouverait à peu près à égale distance de la gare de Ruffec et de la station de Moussac.
La création de cette halte, vivement sollicitée par Courcôme, l’est également par sept communes du canton de Villefagnan et par une commune du canton de Ruffec…
Comme elle ne serait ouverte qu’aux voyageurs, elle n’entraînerait aucune dépense, le garde-barrière pouvant très bien, comme ailleurs, délivrer les billets, et la compagnie verrait augmenter ses recettes par suite des facilités plus grandes de transport, offertes tant aux voyageurs ordinaires qu’aux nombreux marchands de bestiaux domiciliés dans les communes intéressées.
Il suffirait d’annexer à la maison du garde-barrière un abri pour les voyageurs. Les frais de construction seraient peu élevés, et le conseil municipal de Courcôme offre à la compagnie d’y participer…."
Cette demande avait été transmise à M. le Ministre des travaux publics et après examen de cette proposition par MM. Les ingénieurs du contrôle du réseau d’Orléans découvrons la réponse apportée par ceux-ci et la réponse apportée par le Conseil Général de la Charente :
« La gare de Ruffec et la station de Moussac sont distantes de 9, 800 kms, seulement, et que le sectionnement de cette distance relativement faible ne pourrait être justifié que par la nécessité de desservir un centre important de population ou d’industrie. Or, MM. Les ingénieurs déclarent que le trafic probable des voyageurs et celui des marchandises à l’arrêt réclamé ne suffiraient pas à couvrir les frais d’exploitation.
Dans ces conditions, et étant données les sujétions qu’occasionnerait la mesure sur une ligne aussi fréquentée que celle de Paris à Bordeaux, M. le Ministre des travaux publics reconnaît, avec les fonctionnaires du contrôle, qu’il n’y a pas lieu d’insister auprès de la compagnie d’Orléans dans le sens de la demande formulée. »

                                             
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Extrait du livre « itinéraire de Tours à Bordeaux »
Avant d’y arriver et au sortir du tunnel des Plans, qui divise à peu près en deux parties égales le trajet de Tours à Bordeaux, nous touchons presque à Courcôme, bourg modeste, où pourtant l’on peut visiter une église d’une architecture assez remarquable pour avoir mérité l’honneur d’être classée parmi les monuments historiques. Cette église porte la triple empreinte des styles divers des X, XII et XV siècles.
Extrait du livre « De Poitiers à Angoulême »
Qu’on ne croie pas toutefois que ce dernier trajet n’ait pas eu aussi ses difficultés. Signalons, entre autres, celles qu’offrait la montagne qui, après Ruffec, s’élève entre deux cours d’eau, la Pereuse et le ruisseau de Courcôme, et qu’on n’a pu traverser qu’en y pratiquant un très-long souterrain, le tunnel des Plans.
                                                    
Commençons donc le trajet dans le sens Paris-Bordeaux. A la sortie du tunnel évoqué ci-dessus nous sommes devant l’ancien passage à niveau de la Tachonnerie abandonné à présent au profit d’un pont.
                                              
La ligne passe ensuite au-dessus de la route de Courcôme à Ruffec grâce à un pont dont la hauteur limitée à 4m20 coince parfois les camions.

                                            
Nous arrivons ensuite au passage à niveau dit de Gensac avec sa maisonnette n° 266. Autrefois, le garde-barrière gérait le passage des personnes des animaux et des véhicules entre le bourg et les hameaux de La Touche et des Houillères. Nous sommes alors à 408,22 kms de Paris.

                                     
Le trajet se poursuit en passant sous le pont dit de Tuzie  qu’emprunte la D27 route de Courcôme à Tuzie.
                            

Le pont suivant permet d’enjamber le ruisseau Le Bief. C’est un ouvrage discret caché par la végétation permettant à ce petit cours d’eau temporaire de ressortir côté Salles de Villefagnan.

                                             

Une centaine de mètres plus loin, un petit pont permet l’accès au site des Couradeaux où les vignes disparues ont laissé la place de nos jours aux bois de genévriers et à de superbes orchidées qui enchantent les visiteurs au printemps.


Nous voici rendu à la gare de Moussac (station de Moussac). Aujourd’hui abandonnée, elle résiste cependant tant bien que mal aux outrages du temps comme nous pouvons le constater sur les photos suivantes.

Gare autrefois très fréquentée par les voyageurs désirant rejoindre Angoulême ou Poitiers, elle permettait aussi l’acheminement du courrier et des journaux que le facteur de Courcôme allait à vélo récupérer pour les distribuer dans le village.



Les marchands de bestiaux se rendant à la foire de Raix  et les écoliers se souviennent de l’accès difficile aux voitures et wagons à cause de la pente imposée par la courbe présente à cet endroit encaissé. Les derniers TER dignes successeurs des Michelines ont desservis cette halte jusqu’au début des années 1980. A présent, pour prendre le train il faut se rendre à Ruffec ou bien à Luxé.

mardi 15 mars 2011

Le hameau des Martres


Un petit hameau dit des Marthes ou des Martres est situé à environ 2.3 kms du centre Bourg de Courcôme. A l’intersection des chemins de Courcôme à Villegats et de Tuzie à Ruffec comme mentionné sur le cadastre Napoléonien, ce petit village apparaît comme divisé en 3.

                                                                           

Il est situé dans la partie la plus haute de la commune et à l’horizon 2016 un parc éolien devrait profiter des caractéristiques de ce site entre la route de Ruffec et le village de Tuzie.



En 1860, le livre « Description physique, géologique, paléontologique et minéralogique du département de la Charente » mentionne au sujet de Courcôme : le village de Courcôme est dit occupé par l’étage jurassique moyen. Pierres de taille à la Touche – Moellons. Altitude de 154 mètres aux Martres de l’Arbre.

                                                                   Un peu d’histoire :

Entre 1613-1618 – Arpentement de lopins de vignes sis au fief des Marthes, appelé les Merseronnes ou les Pellas, sis en Gaulo, aux Hautes-Brousses, à la Soulisse.

Entre 1618-1663 – Arpentement de la prise des Hugons au fief des Marthes.

N’oublions pas que Les Martres, Les Ouillières et La Touche faisaient autrefois parties de la Saintonge et que le village des Marchis situé à une centaine de mètres des Martres était lui en partie rattaché à  l’Angoumois !!!

Ce village héberge une belle bâtisse, il s’agit du logis des Marthes. Il est décrit de la manière suivante : Cette petite demeure, comme il y en a tant dans la région, représente la résidence type du gentilhomme campagnard - presque isolé sur son promontoire, le logis des Marthes inspire à la tranquillité et au repos, à l’abri de grandes routes.


Au XVII et XVIIIè siècles le logis des Marthes appartient à la grande famille Pandin  de Beauregard, Nercillac, etc … il passe ensuite à la famille Tartas, qui possède le Marchis à quelques centaines de mètres de là. Les Marthes est ensuite possédée par la famille de Pindray d’Ambeille, qui demeurait aussi en son logis de Courcôme.
René de Pindray, écuyer, seigneur de Fontenille, maintenu noble en 1700, allié en 1693 à Adrienne Gennevois, et père de Jean de Pindray, écuyer, seigneur de Tuzie, marié en 1719 à Marie-Victor de Voulon.










L’étude des archives départementales depuis 150 ans ne mentionne que rarement le nom des Martres.

Ainsi en 1885 est rapporté un problème d’imposition avec le Sieur Guillon Jean Bouillon, ancien propriétaire aux Martres pour la somme de 15,75frs dans le rôle de l’année 1884. En effet celui-ci ne s’était pas acquitté de sa part pour les prestations sur les chemins vicinaux et le conseil municipal en date du 18/02/1885 reconnait que le sieur Guillon a quitté le pays en ne laissant absolument rien à saisir.
Ensuite entre 1886 et 1890 le sujet qui a agité cette partie de la commune et les hameaux proches est celui du chemin d’intérêt  commun n° 150.
Au conseil du 25/02/1886 – Le Maire porte à la connaissance du conseil l’annulation par M. le Sous-Préfet d’une délibération concernant ce chemin d’intérêt commun. Ce chemin de Montalembert à la gare de Moussac étant terminé sur tout son parcours, excepté sur le territoire de la commune de Courcôme et que pour les habitants des villages des Martres, des Marchis, des Houillères et de La Touche réclament la circulation de ce chemin qui leur serait d’une grande utilité, pour l’exploitation des carrières de La Touche où plusieurs communes prennent leur approvisionnement en pierre. Vu que le chemin qui existe actuellement est dans un état tout à fait impraticable, qu’en conséquence il y a lieu d’insister auprès de l’Administration et supplier M. Le Préfet de vouloir bien donner l’adjudication de la partie de chemin au plus tôt possible.
En 1888 – Pétition des habitants car les travaux programmés en 1887 non pas commencés. Utilité d’urgence incontestable de l’achèvement de ce tronçon pour l’exploitation des récoltes et pour la carrière de pierres de La Touche.

En 1889  

Le 03/10 - Sont nommés par le Conseil 3 experts pour l’achat  des terrains devant servir pour ce chemin : Messieurs Maridat, Quéron et Brochard.

Le Conseil du 20/11 est d’avis à demander l’expropriation des propriétaires qui refusent les offres faites qui sont très supérieures à la valeur réelle des terrains.

En 1890

Le montant final des acquisitions de terrains étant de 3 036frs, les fonds communaux lourdement grevés par la construction du lavoir communal seront insuffisants et il va falloir recourir à l’emprunt de 2 500frs sur 10 ans auprès de la Caisse des Dépôts et Consignation.

                                                            Faits divers

Le 05/01/1891, les habitants des Martres prétendent avoir vu 5 loups à peu de distance. Le lendemain ceux-ci ont eu à constater de nombreux emprunts de ces carnassiers…
Par contre, qui pourra dire où est parti le lion qui manque sur le pilier de gauche de l’entrée du logis ? On le dit rendu à Angoulême…





Dans un article précédent relatif aux puits de la commune, je mentionnais l’existence d’un puits aux Martres mais  comme celui-ci est caché sous un roncier le long de la route de Tuzie à Ruffec il a fallu attendre ces derniers jours pour le trouver très abimé par le temps et les engins de débroussaillage.

Je  vous livre quelques vues de ce vieux puits situé au bord de la parcelle bien nommée « Le vallon du puits »